Affaiblie, Merkel entame les négociations sur son nouveau gouvernement

Les élections régionales de Basse-Saxe, le dimanche 15 octobre, ont confirmé le recul de l’Union chrétienne démocrate enregistré lors du scrutin national du 24 septembre. Angel Merkel en sort affaiblie alors que commencent les négociations avec les Verts et les libéraux pour la formation de la nouvelle coalition gouvernementale.

C’est la première victoire de l’année pour le Parti social-démocrate (SPD) qui a perdu plusieurs élections régionales et enregistré son plus mauvais score depuis 1949 lors du renouvellement du Bundestag. Avec 36,9% des voix, il gagne 4,3 points par rapport aux élections de 2013. Dans le même temps, la CDU d’Angela Merkel perd 2,4 points à 35,6%. C’est son plus mauvais résultat depuis un demi-siècle dans ce Land.
Les élections anticipées ont été provoquées par la défection d’une député écologiste qui a quitté les Verts pour la CDU, alors que la coalition rouge-verte n’avait qu’une voix de majorité au Landtag de Hannovre. C’est une satisfaction pour les sociaux-démocrates qui ces temps-ci n’ont pas beaucoup de raison de se réjouir. Pour autant, la formation du gouvernement régional sera compliquée, la coalition rouge-verte n’ayant plus de majorité avec la déroute des écologistes qui manquent leur retour au parlement.

Un test national

Après les élections nationales du 24 septembre, tous les regards étaient braqués sur la Basse-Saxe. Le début des négociations pour la formation d’un gouvernement fédéral avait été repoussé, chaque parti voulant se tester avant les inévitables marchandages. Outre les questions régionales, l’enjeu était donc le résultat des trois protagonistes d’une éventuelle coalition « jamaïcaine » (noire pour la CDU, verte pour les écologistes, jaune pour les libéraux).
L’issue du scrutin n’est pas en leur faveur. La CDU n’est pas la seule à perdre des points. Les Verts sont éliminés du parlement régional et les libéraux sont aussi en recul de 2,4 points (7,5% des voix).
Les dirigeants des trois partis peuvent toutefois se rassurer. Si les électeurs de Basse-Saxe se sont montrés sceptiques par rapport à une coalition « jamaïcaine », celle-ci trouve grâce aux yeux d’une majorité d’Allemands. Selon les sondages, 57% des personnes interrogées y seraient favorables.
Angela Merkel n’aborde pas les négociations avec les libéraux et les Verts dans une position de force. Certes elle a enterré son différend avec le parti frère bavarois à propos de l’accueil des réfugiés mais les piètres résultats de la CDU sont interprétés comme une marque de défiance grandissante à son égard. Elle est critiquée au sein de son parti par l’aile droite qui lui reproche d’avoir « social-démocratisé » la démocratie chrétienne.
En se laissant trop déporter sur sa gauche, la chancelière aurait favorisé la montée de la droite populiste, Alternative pour l’Allemagne (AfD). Si l’AfD n’a réuni que 6,2% des voix en Basse-Saxe, elle a obtenu le double aux élections générales du 24 septembre. Elle a attiré plus d’un million d’électeurs traditionnels de la démocratie chrétienne.