Aussi surprenant que cela puisse paraître, il n’y a pas eu de recensement de la population libanaise depuis 1932. Le sujet reste tabou et l’administration peine à établir des informations statistiques et à les communiquer au public. Effectuer un recensement aujourd’hui remettrait en question la représentation des principales communautés -chrétiennes, sunnites, chiites et druzes- au sein des institutions, bouleversant ainsi le fragile équilibre politique.
Le « pacte national » (non écrit) adopté au moment de l’indépendance en novembre 1943, avait pour objet d’organiser le partage du pouvoir en fonction des appartenances communautaires. Pour ce faire, il fut établi sur la base du recensement de 1932 afin de respecter leur poids démographique.
A l’heure actuelle, la donne démographique a profondément évolué au détriment des chrétiens et au profit des musulmans, particulièrement, des chiites (entre 30 et 40 % de la population libanaise). De peur de briser ce fragile équilibre politique, les institutions ne préfèrent pas suivre cette évolution et évitent d’aborder la question.
