Ces élections municipales avaient une réelle importance pour la population qui pouvait s’exprimer pour la première fois depuis le retour au pouvoir d’Ortega et montrer son mécontentement face à la politique sandiniste. Daniel Ortega a été élu une première fois Président du Nicaragua en 1984. Il a été réélu en novembre 2006 grâce à un manque d’union de l’opposition et après trois tentatives de retour au pouvoir. Le leader sandiniste est notoirement connu dans le pays comme étant un homme corrompu et qui a abusé sexuellement de sa belle-fille dans les années 80. Depuis le début des troubles à Managua le 10 novembre, il n’a pas lancé un seul appel au calme.
Choses vues et entendues à Managua : les gens qui agitent les drapeaux aux rond points sont payés 10 dollars par jour. Les militants sandinistes "tiennent" les ronds-points de la capitale pour empêcher les partis adverses de manifester. Des casseurs sont payés 7 dollars par jour par le gouvernement pour entretenir un climat de violence et de confusion. Les pauvres sont censés être sandinistes mais la popularité de Daniel Ortega est très faible et tout le monde se lamente en disant que le pays ne s’en sortira jamais malgré tous les efforts de la population parce que le gouvernement est trop corrompu.
Alors que le Venezuela a félicité le Front sandiniste de libération national (FSLN, gauche) pour sa " victoire historique " grâce à " un processus propre et d’une transparence absolue ", les Etats-Unis, l’Union européenne et l’Organisation des Etats américains (OEA) ont au contraire exprimé leur préoccupation devant une élection entachée de nombreuses irrégularités (aucuns observateurs étrangers).
