Dans le contexte des élections régionales et locales du 23 novembre 2008 au Venezuela, le Parlement Européen, dans une résolution adoptée en plénière (le 23 octobre), "exprime sa préoccupation quant à la liste des déchéances de droits électoraux" présentée par les autorités vénézuéliennes, soulignant que "ces faits ne sont que les derniers d’une longue série de mesures adoptée par le gouvernement pour museler la voix de l’opposition, des dissidents et des observateurs internationaux dans le pays".
Ces mesures incluent des listes de citoyens, connues sous les noms de "liste Tascón", "liste Maisanta", et "liste Russián", pour "priver les citoyens de leur droit d’occuper un emploi public et les empêcher d’accéder aux services et aux démarches administratives". D’après les députés, l’utilisation politique de telles listes "restreint les droits civils et politiques des opposants à l’actuel gouvernement vénézuélien".
La résolution condamne également le meurtre de Julio Soto, dirigeant de l’aile étudiante du parti Copei et président de la Fédération des centres universitaires de l’université de l’État de Zulia. Le Parlement appelle les autorités vénézuéliennes à "élucider" ce crime, "commis dans des circonstances étranges", et à traduire ses auteurs devant la justice.
Le Parlement voit la récente expulsion du directeur de l’ONG Human Rights Watch, José Miguel Vivanco, et de son sous-directeur, Daniel Wilkinson, comme "un précédent extrêmement grave au niveau du risque qu’il fait courir à l’exercice de la liberté d’expression et de la critique".
La résolution conclut en demandant au gouvernement d’Hugo Chávez de "mettre un terme à toutes ces pratiques et de promouvoir une démocratie plus participative au Venezuela, en respectant intégralement les principes ancrés dans la Constitution de 1999".
