Légère détente entre l’UE et la Biélorussie

Les élections législatives qui ont eu lieu en Biélorussie fin septembre dans des conditions très contrôlées n’ont pas empêché l’Union européenne de décider la suspension - partielle et conditionnelle - de quelques sanctions frappant le régime du président Alexandre Loukashenko. 

Il n’ y a pas de doute que des changements positifs - significatifs ou passagers, l’avenir le dira – peuvent être constatés en Biélorussie par rapport à la situation prévalant au moment de l’élection présidentielle de 2006. La libération de tous les prisonniers politiques, l’absence d’arrestation de candidats pendant la campagne électorale, une attitude plus libérale à l’occasion des démonstrations dans le centre de la capitale le soir des élections, tous ces éléments positifs ont été observés par le Comité Helsinki de Minsk.

Le président Loukashenko a fait quelques pas pour se rapprocher de l’Ouest, qui avait posé des conditions à la normalisation, notamment en ce qui concerne le caractère démocratique des élections. L’Union Européenne, de son coté, s’est rendu compte que la stratégie des sanctions n’avait pas donnée les résultats voulus. 

Sur le caractère démocratique des élections, l’OSCE a porté un jugement provisoire, dans un rapport sévère et sans ambiguïtés. Il s’agit, comme c’est la règle, d’un texte commun à l’Office pour les institutions démocratiques et les droits de l’hommes (qui a son siège à Varsovie) et à l’Assemblée parlementaire de l’OSCE. Les deux institutions avaient envoyé dans le pays près de 500 observateurs.

Ce rapport reconnaît quelques améliorations mineures, mais conclut qu’en fin de compte les élections ne correspondaient pas aux critères démocratiques de l’OSCE. Une des raisons principales mise en avant dans le rapport est le manque de transparence dans le décompte des voix, jugé “mauvais ou très mauvais” dans 48% des bureaux de vote observés. Il ne s’agit donc pas de cas isolés ou d´incidents de parcours. Le rapport fait état de bon nombre d’autres manquements, qui pèsent dans le bilan établi jusqu’à maintenant. 

Les partis de l’opposition biélorusse - dont aucun candidat n’a été élu - se sont déclarés satisfaits du jugement de l’OSCE. Il sont unanimes à déclarer les élections non légitimes, mais soutiennent néanmoins M.Loukaschenko dans sa demande présentée à l’Occident d’ouvrir une nouvelle page dans les relations avec la Biélorussie, indépendamment du verdict de l’OSCE. Dans un dialogue avec le gouvernement, le rôle de l’opposition ne doit pas être oublié.

Le rapport final de l’OSCE sera publié dans quelques semaines et apportera encore des précisions. Il est encore trop tôt pour envisager un début de dialogue avec Minsk sur les recommandations contenues dans le rapport dans le but de rendre des élections futures plus démocratiques. Cependant l’évolution du système électoral doit être examiné dans la perspective des élections présidentielles prévues pour 2011. Comme l’a rappelé Loukashenko, ce sont les seules qui comptent.