María San Gil, présidente du PP basque et candidate aux législatives du 9 mars prochain, a été physiquement agressée et violemment insultée par une cinquantaine d’indépendantistes galiciens se proclamant « antifascistes », dans l’enceinte de l’Université de Saint-Jacques de Compostelle (le 12 février). Même scénario pour Dolors Nadal, tête de liste du Parti populaire en Catalogne, elle aussi agressée par cinquante indépendantistes, catalans cette fois, à la Faculté de Droit de l’Université Pompeu Fabra de Barcelone (le 18 février). Autre agression, seulement verbale cette fois, à l’encontre de Rosa Díez, ancienne députée socialiste au Parlement européen ayant créé un nouveau parti libéral (« Union, Progrès et Démocratie »), à l’université de Madrid (le 19 février).
Ces incidents violents sont sans précédent depuis que le pays s’est doté d’un régime démocratique il y a trois décennies. La presse espagnole, unanimement, condamne ces agressions, s’inquiète de leur multiplication et regrette qu’on puisse les minimiser sous prétexte que les agresseurs sont peu nombreux et peu représentatifs.
Ces événements indiquent une forte dégradation du climat politique en Espagne. D’un côté, la droite pratique le « vale todo » (« tout est permis ») pour déstabiliser et discréditer le gouvernement. De l’autre, le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero adopte une attitude laxiste et entend jouer les victimes. L’appauvrissement du débat encourage tous les extrémismes, notamment du côté des mouvements radicaux ou indépendantistes un peu partout dans le pays.
