Une journée pour commémorer la grande famine en Irlande

En Irlande, la grande famine du 19ème siècle (An Gorta Mor en irlandais, The Blight en anglais) reste un traumatisme national. Le gouvernement a décidé d’introduire prochainement un jour fixe de commémoration annuelle.

En 1840, la population de l’Irlande (8 millions) était la moitié de celle de la Grande-Bretagne (16 millions). La grande famine de 1846-1852, provoquée par les ravages du mildiou sur les récoltes de pommes de terre, a tué un million de personnes et déclenché un exode massif et durable, notamment vers les Etats-Unis. L’Irlande a perdu la moitié de sa population. Aujourd’hui, l’île a 6 millions d’habitants (avec l’Irlande du Nord), la Grande-Bretagne 59 millions. La disparité (1/10 au lieu de 1/2 en 1840) s’explique par l’émigration. Le ministre des affaires communautaires, Eamon O Cuiv, a rappelé ces événements en expliquant la décision du gouvernement. Il a également évoqué le gaélique, langue officielle avec l’anglais qui, sans la famine et l’émigration, aurait mieux résisté à l’anglais.

L’irlandais étant devenu récemment une des langues officielles de l’Union Européenne, il faut situer le nouveau jour de commémoration dans un contexte plus large. Le "tigre celtique" veut s’assurer qu’il est, en effet,
toujours celtique au moment où l’Irlande doit s’exprimer par référendum sur le Traité de Lisbonne, le 12 juin prochain. Les opposants au traité mettent en cause le centralisme bruxellois. Un tiers des électeurs sont encore
indécis. Le tigre celtique se méfie des dompteurs de Bruxelles, Strasbourg ou encore du Luxembourg.